Adhémar ou le jouet de la fatalité 



Réalisateur: Fernandel
Assistant Réal.: François GIR, Georges LAUTNER
Scénario: Sacha GUITRY
Adaptation: Sacha GUITRY
Dialogues: Sacha GUITRY, Robert THOMAS
Musique: LOUIGUY
Images: Noël RAMETTE
Montage: Raymond LAMY
Décors: Eugène PIERAC
Production: Indusfilms / Henri Bérard
Directeur de prod.: François CARRON
Chanson: Jean MANSE, Sacha GUITRY ("Le rire est un instant divin")
Son: Joseph DE BRETAGNE
Distribution: Corona
Tournage: 29 janvier - 3 mars 1951
Procédé: Noir et Blanc
Genre: Comédie
Durée: 1h 45 (version de 1h 29)
Sortie: 9 août 1951, à Cannes
14 septembre 1951, à Paris (cinémas Images, Ritz, Triomphe, Midi-Minuit et Cinémonde-Opéra)
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Une affiche originale du film.

 Interprétation:
FERNANDEL (Adhémar Pomme), ANDREX (Tisalé), Marcel LEVESQUE (Brunel-Lacaze, le banquier), Marguerite PIERRY (Lady Baconfield, la veuve), Jacqueline PAGNOL (la marchande de fleurs), Meg LEMONNIER (la garde de nuit), Bernadette LANGE (Clémentine), MAXIMILIENNE (la soeur du marquis), Primerose PERRET (la bonne de l'hôtel), Alexandre ARNAUDY (le ministre), Maurice BENARD (membre du conseil), Georges BEVER (le mari trompé), Jean DUVALEIX (l'employé du casino), Jacques de FERAUDY (le marquis de Saltarello), Jean HERVE (1er tragédien), Roger MONTEAUX (membre du conseil), José NOGUERO (Don Cristobal), Robert VIDALIN (2ème tragédien), Robert SELLER (), Lucien CALLAMAND (le régisseur), Henry HOURY (membre du conseil), Maurice REGAMEY (le barbu), Sophie MALLET (la bonne de l'asile), Nicolas AMATO (commissaire des jeux), Annie RAVEL, Jacques SABLON, Luce FABIOLE, Louise LAGRANGE, Emma LYONEL, Jean-Claude MERAL, Noël DARZAL, André POLACK, etc.

Extrait du film

Résumé:
Adhémar Pomme a souffert, dès son plus jeune âge, de l'hilarité que déclenche son physique. Sa laideur est telle que tout le monde se tord de rire sur son passage. C'est en vain que son ami Tisalé cherche à le caser dans des emplois où il puisse faire bonne figure : chaque fois c'est la déconfiture. Croque-mort, il fait rigoler la famille du défunt; souffleur de théâtre, il provoque le fou-rire de la troupe; garde-malade, il fait littéralement mourir de rire ses patients; au lit avec une dame, celle-ci pouffe hystériquement au moment crucial... Malice du sort: engagé par Lady Beaconsfield pour l'amuser, il ne parvient pas à lui arracher un sourire. Adhémar croit avoir trouvé la solution à son problème en se faisant admettre à la clinique de Saint-Lampin, où un riche philanthrope accueille les disgraciés de la vie. Mais là, c'est le coup de pied de l'âne: il se gausse à son tour de la laideur des autres malades. On le chasse. Il trouvera finalement sa voie comme clown dans un cirque: ses mimiques et ses chansons feront rire désormais le public pour le bon motif.


Critiques:
"Tout le poids du film repose sur Fernandel qui y apparaît sous des aspects inattendus et souvent imprévus. tour à tour comique, dramatique, burlesque, sentimental, sérieux, fantaisiste, Fernandel donne un très vif relief à son curieux personnage d'homme qui, jouet de la fatalité, fait rire tout le monde malgré lui."
Paul-André BUISINE, L'index de la Cinématographie française.

"L'esprit Guitry est bel et bien là, de bout en bout de ce film remarquable qui évoque tantôt LE ROMAN D'UN TRICHEUR, tantôt certaines oeuvres ultérieures "amorales", dans les situations imprégnées de son humour noir singulier, dans les dialogues brillants, dans le style cinématographique élégamment virtuose (retours en arrière) et dans la caractérisation des personnages écrits "sur mesure" pour les interprètes (FERNANDEL est aussi excellent que chez PAGNOL). GUITRY se déclara pourtant mécontent de la réalisation de son scénario et attaqua même son producteur en justice. Sans succès."
Jean-Francois HOUBEN, Septembre 1999

"En s'attaquant au mythe qui entoure Fernandel, Guitry compte bien dénoncer le comportement social et humain de ceux qui posent un regard ricanant sur cette victime. Il songe à analyser le processus du rire sur lequel une majeure partie de son oeuvre repose. Le prototype de l'amuseur involontaire est le révélateur des autres, de leurs masques et des comédies diverses qu'ils jouent pour sauvegarder l'ordre des choses établies par le carcan social. (...) Cette conclusion heureuse en apparence est d'un cynisme absolu. Elle explicite que la seule issue d'un homme infirme (car Adhémar est infirme par sa propension à déclencher le rire sans le vouloir), c'est de devenir un phénomène de cirque, un monstre qui s'expose pour rassurer les autres sur leur propre malaise, leur difficulté d'être. De quoi glacer le rire qui nous secoue la gorge. Adhémar est le premier personnage de la galerie des horreurs que Guitry va constituer à partir de cette date."
Noël Simsolo, Cahiers du cinéma, 1988.

"Sacha Guitry et Fernandel s'étaient rencontrés en 1949, l'acteur comique ayant été choisi pour jouer au théâtre "Tu m'as sauvé la vie". En mai 1950, Sacha Guitry tira un film de cette pièce, toujours avec Fernandel. Puis, il écrivit pour lui "Adhémar ou le jouet de la fatalité" Fernandel qui réalisa lui-même, sur la mise en scène préparée et découpée par Sacha Guitry. C'est tout a fait de la veine du "Roman d'un tricheur" : même mode de récit, même invention dans les situations, même élégante désinvolture du style avec, en plus, une noirceur dans l'humour qui annonce les oeuvres suivantes ("La poison", "La vie d'un honnête homme"). Guitry raconte l'histoire d'un homme au faciès de cheval poursuivi depuis l'enfance par la fatalité : sa laideur déclenche le fou-rire. C'était tirer parti du physique de Fernandel, pour peindre l'envers grimaçant et dérisoire de la comédie humaine."
Jacques Siclier, Télérama.

Anecdotes:
Ce scénario original de Guitry, qu'il ne put mettre en scène lui-même, laissant ce soin à son interprète, fut écrit à l'évidence pour Fernandel, dont le faciès chevalin fascinait Guitry (il ne le lui envoie pas dire dans TU M'AS SAUVE LA VIE, un film tourné l'année précédente). On connaît l'anecdote de Fernandel mobilisé pendant la drôle de guerre et provoquant un attroupement de badauds hilares devant la caserne où il montait la garde, au point qu'on dut l'exempter de service. Il y a quelque cruauté dans cet apologue, conçu comme une sorte de FREAKS burlesque.
La maladie l'empêchant de réaliser le film, Sacha confia donc cette tâche à Fernandel. Il s'estima très insatisfait du résultat, l'acteur ayant ajouté de son cru quelques effets vaudevillesques (notamment une chanson finale, écrite par Jean Manse) d'un effet assez désastreux. Il y eut même procès, que Guitry perdit. Ce n'était pas la première fois que Fernandel passait derrière la caméra : il avait déjà signé, sous l'Occupation, SIMPLET (en collaboration avec Carlo Rim) et ADRIEN. ADHEMAR reste cependant, et de loin, son meilleur film à ce poste.
Série n° 250 de la collection des fiches de Monsieur Cinéma.

Georges Lautner (le fils de l'actrice Renée Saint Cyr) a débuté dans ce film en tant que second assistant non défrayé (à La Victorine).



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