Réalisateurs, cinéastes... 




Julien DUVIVIER:

Cinéaste français (1896-1967).

Il s'est imposé comme un grand professionnel dans les années 1930, et qui eut la possibilité de tourner des films dans plusieurs pays étrangers dont les États-Unis. Il a réalisé des films agréablement populistes (la Belle Équipe, 1936), tiré parti du romanesque de la Légion (la Bandera, 1935), évoqué la pègre (Pépé le Moko, 1937). Il a cultivé un certain goût pour les intrigues pessimistes ou cruelles : la Tête d'un homme (1933), l'Affaire Maurizius (1954). La collaboration avec les studios de Berlin (Allô Berlin!? Ici Paris, 1932; Cinq gentlemen maudits, 1932) et un film de prestige sur la vie du Christ (Golgotha, 1935) lui ont permis de réaliser plusieurs films à Hollywood, notamment pendant la guerre.




Gilles GRANGIER:

Réalisateur français (1911-1996), cinéaste préféré de Jean Gabin.
En plein tournage
Gilles Grangier est né le 5 mai 1911 à Paris. Il a d'abord été figurant, régisseur, puis assistant avant de réaliser en 1942 "Adémaï bandit d'honneur", son premier film. Pendant plus de trente ans, il a consciencieusement mis en scène, en bon artisan de son métier, une cinquantaine de films dont beaucoup ont connu un succès commercial confirmé par de fréquentes reprises à la télévision française. Gilles Grangier restera dans la mémoire du cinéma français pour avoir dirigé douze fois Jean Gabin entre 1953 ("La vierge du Rhin") et 1969 ("Sous le signe du taureau") et six fois Fernandel. C'est lui qui a réalisé en 1964 "L'âge ingrat" pour la Gafer, cette éphémère société de production montée par Gabin et Fernandel.
Gilles Grangier est mort dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 avril 1996, dans un hôpital de Suresnes. Il était alors âgé de quatre-vingt-quatre ans.
Filmographie:
Adémaï bandit d'honneur (1942), Le cavalier noir (1945), L'aventure de Cabassou (1945), Rendez-vous à Paris (1947), Danger de mort(1947), L'amant de paille (1951), Les petites cardinal(1951), Douze heures de bonheur (1952), La vierge du Rhin (1953), Le printemps, l'automne et l'amour (1953), Gas-oil (1955), Le sang à la tête (1956), Reproduction interdite (1957), Le rouge est mis (1957), Trois jours à vivre (1957), Le désordre et la nuit (1958), Archimède le clochard (1958), 125, rue Montmartre (1959), Les vieux de la vieille (1960), Le cave se rebiffe (1961), Le gentleman d'Epsom (1962), Le voyage à Biarritz (1962), Maigret voit rouge (1963), La cuisine au beurre (1963), L'âge ingrat (1964), Train d'enfer (1965), Les bons vivants (1965), L'homme à la Buick (1968), Sous le signe du taureau (1969), Un cave (1972), Gross Paris (1974).



Sacha GUITRY:

Acteur et cinéaste français (1885-1957), venu du théâtre.
En pleine grimace avec Sacha Guitry
    Il a su créer son propre style de réalisation dans un irrespect total pour les conventions cinématographiques. Enfant gâté du théâtre de boulevard et de la vie parisienne, il décida de s'emparer du jouet cinéma pour simplement mettre en images des œuvres théâtrales. Mais le Roman d'un tricheur (1936) révélait une forte personnalité et une approche nouvelle du cinéma. Il exerça sa liberté dans des comédies virevoltantes dominées par les dialogues et l'interprétation (Faisons un rêve, 1937; Quadrille, 1938; la Poison, 1951), et des œuvres parfois inspirées des rapports contradictoires qu'il entretenait avec son père, célèbre acteur parisien. Figure essentielle de la scène parisienne et personnalité narcissique, il tourna des films lourdement théâtraux et quelques œuvres pompeuses autant qu'ambitieuses comme Si Versailles m'était conté (1954) ou Napoléon (1955).



Sir Alexander KORDA:

(1893-1956), réalisateur et producteur anglais, d'origine hongroise. Korda tourna en Hongrie de 1916 à 1920, en Autriche, en Allemagne, à Hollywood et en France avant de s'installer définitivement en Grande-Bretagne en 1931 et de devenir son principal producteur indépendant. Sa carrière de réalisateur à Hollywood fut quasiment un échec et à Paris, seul le film Marius (1931) resta dans les mémoires. Avec cinquante films, il fut l'un des seuls en Grande-Bretagne à comprendre parfaitement le marché international. Il créa la société London Film Productions et emprunta de l'argent pour réaliser La vie privée d'Henry VIII (The Private Life of Henry VIII, 1933). Aussitôt après, il obtint le soutien financier de l'institution britannique la plus conservatrice, la Prudential Assurance. Korda était un visionnaire et voulut corriger les principales faiblesses du cinéma britannique : manque d'investissement dans le matériel et les studios, main-d'œuvre et distribution inadéquates. Il construisit les studios Denham sur le modèle d'Hollywood et fit venir les techniciens les plus performants d'Europe et des États-Unis pour travailler sur des films tels que : Fantômes à vendre (The Ghost Goes West, 1935), les Temps futurs (Things to Come, 1936), Chevalier sans armure (Knight Without Armour, 1937) et les Quatre Plumes blanches (The Four Feathers, 1939), de Zoltan Korda. Pour la première fois, les techniciens et les metteurs en scène anglais purent être formés par les plus grands directeurs de la photographie, monteurs et décorateurs, notamment par le propre frère de Korda, Vincent. Il commanda des scénarios à Carl Zuckmayer et travailla avec des personnalités telles que R.C. Sherriff, H.G. Wells, Eric Ambler et Graham Greene. Après avoir brillamment négocié un accord de distribution avec la société United Artists, toujours à la recherche d'une idée novatrice en matière de commercialisation mondiale, il signa un accord contractuel avec Technicolor, utilisant au mieux ce procédé dans les Quatre Plumes blanches. Ses acteurs devinrent presque tous célèbres : Laurence Olivier, Ralph Richardson, Vivien Leigh, Sabu, Merle Oberon, Robert Donnat, Flora Robson et Charles Laughton firent partie de ceux dont la carrière cinématographique se trouva liée à la London Films, alors que la société était à son apogée. Korda cherchait continuellement des nouveautés, parfois même avant que la technique ne soit disponible. Pour Things to Come, la piste son et musique aurait dû être enregistrée avant le tournage du film, mais cela s'avéra être trop compliqué. Ludwig Berger essaya de mixer le son et la musique sur le plateau de tournage du Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad, 1940), mais là encore, la mise en pratique fut impossible. L'accent étant souvent mis sur des effets voyants, les scénarios étaient souvent ampoulés et les opérations de «!sauvetage!» devinrent de plus en plus onéreuses alors que les recettes étaient imprévisibles. Ses financiers devinrent méfiants, lui posèrent des questions sur ses méthodes de gestion et, en 1939, prirent le contrôle de Denham. Afin d'achever le Voleur de Bagdad, Korda partit avec le film à moitié fini pour Hollywood où il resta pendant trois ans. Là, il produisit et réalisa le film Lady Hamilton (That Hamilton Woman, 1941) et produisit le Livre de la jungle (Jungle Book, 1942), de Zoltan Korda. Ami du Premier ministre britannique Winston Churchill, il reçut en 1942 le premier titre de chevalier attribué à un membre de l'industrie cinématographique en hommage à son dévouement. De retour en Grande-Bretagne, Korda remit sur pied la London Films et, une fois encore, essaya d'acquérir des studios et des circuits de distribution. En 1946, il prit une participation majoritaire dans la société British Lion et acquit les studios Shepperton. Après la guerre, il réalisa seulement un film et son nom disparut peu à peu des écrans, surtout après la faillite de la British Lion : Korda fut jugé, peut-être à tort, responsable de cet échec. Néanmoins, il fut à l'origine des films écrits par Graham Greene et réalisés par Carol Reed dont le Troisième Homme (The Third Man, 1949), des trois films de Powell et Pressburger , dont les Contes d'Hoffman (The Tales of Hoffmann, 1951) et du très admiré Richard III de Laurence Olivier (1956). Il ne perdit jamais sa fièvre innovatrice et, la couleur étant désormais un classique pour lui, il tourna ses derniers films Tempête sur le Nil (Storm Over the Nile, 1955), Richard III et Smiley (1956), en CinémaScope et en VistaVision, précédant tout autre metteur en scène britannique.



Marcel PAGNOL:

Ecrivain et cinéaste provençal (1895-1974), rendu populaire par sa trilogie Marius, Fanny, César.
    Né à Aubagne, en Provence, le 28 février 1895, Marcel Pagnol était le fils d'un instituteur et d'une couturière, qui sont présents dans toute son œuvre et surtout dans ses Souvenirs d'enfance. Il fut un écrivain précoce: au sortir du lycée, il fonda une revue littéraire, Fantasio, qui est l'ancêtre des célèbres Cahiers du Sud. Devenu professeur d'anglais, Marcel Pagnol se consacra d'abord à l'écriture de pièces de théâtre, desservies par une certaine lourdeur didactique, telles que les Marchands de gloire (1925) et Jazz (1927). Il se mit ensuite en congé de l'éducation nationale pour «cause de littérature», comme il le dit lui même. Sa troisième pièce, Topaze (1928), avait encore pour cadre le milieu enseignant et, comme les précédentes, elle pêchait par son aspect de démonstration morale («L'argent mène le monde!» était l'objet de cette déploration). Mais elle consacra un type, la figure du petit professeur méprisé et ridicule.
     Le succès vint à la même époque, avec une trilogie, qui débuta avec Marius (1929, filmé en 1931), pour se poursuivre avec Fanny (1932, filmé en 1933) et se clore avec César (filmé en 1936, joué sur scène en 1937). Si l'intrigue de cette trilogie se construit autour de l'aventure amoureuse entre Fanny et Marius et autour des bouleversements qu'elle engendre, c'est pourtant la ville de Marseille, idéalisée comme un port exotique, qui est le principal sujet de cette trilogie : le port, les cafés, les bruits y sont évoqués avec une force visionnaire. À tel point que les personnages principaux, incarnés de façon inoubliable à l'écran par Raimu, Pierre Fresnay et Orane Demazis, ne semblent être que les porte-parole de la cité. Marcel Pagnol devait longuement exploiter l'exotisme provençal qui contribua à la réussite de ces pièces. Pagnol, qui adapta lui même ses pièces au cinéma et les réalisa, voyait s'ouvrir de nouvelles perspectives avec ce passage de la scène au grand écran, notamment dans le traitement du temps et de l'espace : « L'art dramatique a trouvé aujourd'hui un moyen d'expression qui englobe tous les autres et qui donne au dramaturge la plus entière liberté ! » Dès lors, il écrivit la plupart de ses pièces de théâtre comme des scénarios de films développés (c'est le cas de la Fille du puisatier, 1940).
     Symétriquement, il adapta au théâtre certains de ses films (la Femme du boulanger, 1938) et, à partir de l'un de ses films les plus connus, Manon des Sources (1952), il tira deux romans, Jean de Florette et Manon des Sources. Une part de l'œuvre de Pagnol cinéaste consista à adapter au cinéma des textes littéraires d'autres auteurs : ce fut, entre autres, Angèle (1934), d'après Un de Beaumugne et la Femme du boulanger (1938), adaptation de Jean le Bleu de Giono. Avec ces œuvres, Pagnol introduisait le régionalisme à l'écran : il s'attachait à montrer sous leur plus belle lumière les paysages de Provence et surtout, dès l'avènement du parlant, à faire entendre l'accent méridional. Par la suite, il tourna Naïs d'après Zola, écrivit les dialogues du Rosier de Madame Husson d'après Maupassant et, en 1954, donna, avec Trois Lettres de mon moulin, une adaptation de trois nouvelles extraites du chef-d'œuvre d'Alphonse Daudet. Après deux retours au théâtre avec Judas (1955) et Fabien (1956), et après avoir consacré un dernier ouvrage au Masque de fer (le Masque de fer, 1965), Marcel Pagnol se consacra essentiellement à l'édition de ses Souvenirs d'enfances qu'il commença à publier en 1957 : la Gloire de mon père (1957), le Château de ma mère (1958), le Temps des secrets (1960), le Temps des amours (posthume, 1977). Il supervisa également l'édition de ses œuvres complètes en six volumes (1964-1973).
Marcel Pagnol mourut à Paris le 18 avril 1974. Auteur comblé, il reçut tous les honneurs de son vivant : l'argent et la gloire, des ventes importantes et l'élection à l'Académie française (1946). Reconnu par des réalisateurs de l'importance de De Sica et Rossellini comme le père du néoréalisme italien, puis redécouvert par la Nouvelle Vague au même titre que Renoir ou Hitchcock (dans un numéro fameux des Cahiers du cinéma de décembre 1965), Marcel Pagnol reste surtout connu aujourd'hui pour ses adaptations et pour sa série célèbre des Souvenirs d'enfances.

Pour plus d'informations, consultez le site officiel Marcel-Pagnol.com.
Oh Marcel! Tu veux que je fasse le couillon?
© Avec l'aimable autorisation de MPC




Jacques Vauclair:

Photographe et parolier français (Paris 1926 - Perpignan 1999).
Jacques Vauclair a photographié Fernandel
    Jacques Vauclair fit ses débuts photographiques dans le célèbre studio Harcourt, à Paris. Il y travailla de 1946 à 1955. En 1956, il ouvrit son propre studio et le baptisa Studio Vauclair. Le studio se trouvait à proximité de l'Olympia, une salle de concert très fréquentée. En un an, il devint l'un des photographes parisiens les plus renommés. Il photographiait non seulement les stars françaises de l'époque, comme Michèle Morgan, Jean Marais, Fernandel ou Line Renaud, mais aussi les acteurs du mouvement de "la nouvelle vague". Jacques fut le premier photographe de nombreuses jeunes stars. Dans son studio, il photographia : Jean Claude Brialy, Catherine Deneuve, Annie Girardot, Jean Pierre Leaud, Claude Berri, Bernadette Lafont, Françoise Fabian, Stephane Audran, Michel Serrault, Anna Karina, Jean Pierre Aumont et Yves Montand. Il fut aussi un parolier et ecrivit des chansons pour Henri Salvador, Jacqueline Francois et Charles Trenet.




Raymond Castans:

Journaliste, auteur dramatique, ancien dirigeant de RTL (5 septembre 1920 - 29 septembre 2006).
Raymond Castans - ami de Fernandel
    Né le 5 septembre 1920 à Saint-Christol (Hérault), fils d'instituteur, Raymond Castans obtient un doctorat en droit après des études à Sète et à Montpellier. Il commence sa carrière de journaliste en 1945 à Samedi-Soir (où il côtoie Gaston Bonheur et Kléber Haedens), puis à Paris Match, où il est d'abord chef des informations (1949), puis rédacteur en chef (1950). Entré parallèlement à Radio Télé Luxembourg en 1966, il devient secrétaire général des programmes en 1973. Secrétaire général du groupe Prouvost à partir de 1955, il est directeur de la rédaction de Paris Match de 1969 à 1973. Il devient ensuite directeur général des programmes à RTL de 1978 à 1985, année où il est nommé par le président du Sénat, Alain Poher, membre de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle. Auteur ou adaptateur de plusieurs pièces de théâtre, comme Libres sont les papillons (1969), ou Rendez-vous à Hollywood (1977), Raymond Castans s'est surtout illustré par des livres de souvenirs sur ses amis : Marcel Pagnol m'a raconté (1975), Fernandel m'a raconté (1976), Il était une fois Marcel Pagnol (1978), Sacha Guitry en son siècle (1993) ou Les Meilleurs Amis du monde (1984), où il évoquait les figures hautes en couleur de tous ses "amis", comme Jean Nohain, Fernand Raynaud et Alexandre Vialatte, mais aussi le photographe Walter Carone ou le dessinateur Chaval.




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